Des mots pour des maux

Le pardon

Difficile de pardonner... Surtout à soi-même ! Mais qu'est-ce au juste que le pardon ?
Est-ce que pardonner, c'est faire table rase du passé, tout oublié (l'affront, le crime, la cruauté...) ?

Ou est-ce que le pardon est l'acceptation de sa propre fragilité, de ses propres fautes éventuelles, un acte humble ?

Difficile n'est-ce pas ? D'autant que, en pardonnant (sans cette notion d'humilité), on renforce la culpabilité chez l'autre... Une affirmation de sa grandeur d'âme, introduisant un rapport de supériorité et de ressentiment accru...

Le pardon va au-delà de la compréhension et de l'excuse. Il n'est ni oubli, ni négation car l'aveu de la faute est sa condition. Pour autant, le pardon est le seul rempart contre les violences interpersonnelles, permettant de renouer les relations, évitant à celui qui a offensé de se cristalliser dans une attitude pétrifiée de remords maladifs. Il est le seul à briser les engrenages pathologiques (les sentiments de vengeance et de haine).

Le pardon ne présuppose rien et n'exige rien en retour. Grâce et gratuité, il se nourrie de sa propre source et n'a d'autre cause que lui-même. Il est sans limite par rapport à la faute commise.

Pour autant, le pardon s'accompagne de sentiments ambigus, tant pour celui qui pardonne que pour celui qui a fait mal. Aussi, le "vrai" pardon n'est pas aussi facile qu'on veut bien le croire.

Pardonner, c'est reconnaître en l'autre ce que nous pouvons être nous aussi, dans nos qualités, mais aussi nos défauts, nos faiblesses. Personne n'est parfait. C'est cette prise de conscience qui peut nous aider à pardonner les fautes de l'autre. Mais c'est loin d'être facile, surtout selon les circonstances.

Si je prends un exemple extrême et violent, comme l'agression d'un enfant, il est particulièrement difficile pour les parents de pardonner à l'auteur du crime... Pour autant, le pardon, serait de reconnaître l'existence d'une faiblesse... Le pardon est parole de rupture. Rupture avec la violence, rupture avec la folie dévastatrice, seule voie pour sortir de l'engrenage de la vengeance et de la logique de crimes, de réparations et de peines.

Dans le quotidien, au-delà des crimes que nous estimons abjects, le pardon est la seule alternative à l'absurde. Mais le pardon, c'est aussi prendre le risque de dépendre de l'autre, cet autre qui peut encore nous faire du mal. Mais c'est aussi prendre le risque de repartir sur de bonnes bases et d'être heureux, au du moins serein.

Je n'ai pas de "recettes" sur comment pardonner. C'est avant tout un travail sur soi et sur les relations que nous entretenons avec nous-mêmes et ensuite avec les autres.

Pour finir, voici trois citations à méditer :

En disant deux fois pardon, tu ne pardonnes pas deux fois, mais tu rends le pardon plus solide - William Shakespeare (La vie et la mort du Roi Richard II).

Celui qui ne peut pardonner se coupe des ponts qu'il devra traverser, car tout homme éprouve le besoin de se faire pardonner - Thomas Fuller

Il faut se pardonner beaucoup à soi-même pour s'habituer à beaucoup pardonner à autrui - Anatole France.

Sylviane Barthe Liberge

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Fred | Réponse 26.02.2013 13.10

Peut on aussi ne pas pardonner pour le bien de la personne qui a commis une grosse faute ? Cela peut il avoir un effet positif ?

Sylviane BARTHE LIBEGE 01.04.2013 15.41

La "faute" est subjective. Le pardon est surtout pour se protéger soi, éviter de ressasser et de ruminer. Passer au-dessus pour se dégager des souffrances

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Commentaires

24.05 | 02:44

recherche aussi consults+échanges vécu avec victimes sur nord 94, centre 91, paris. dure depuis 10 ans evident depuis 5. Vise aussi enfants et autre proie

...
12.05 | 03:47

ressens même parfois l'envie de me venger car peu de gens m'ont soutenue, pour les autres il reste merveilleux. Comme si ma douleur n'était pas reconnue..😟

...
12.05 | 03:43

connaissance dont il n'a pas réussi à me couper, j'ai pu lui échapper. Mais je sens que je reste très meurtrie, et que je m'en veux bcp. Ca fait 1 an et je

...
12.05 | 03:40

j'ai commencé à me dire que ce qu'il me faisait vivre n'était pas normal et que je ne pouvais plus endurer ça, le mal était déjà fait.. grâce à une nouvelle

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