Couple : violences conjugales

Selon l’étude de 2006, réalisée par la Délégation aux victimes :

  • Un homme décède tous les 13 jours sous les coups de sa compagne (ou ex compagne)
  • Une femme décède tous les 3 jours sous les coups de son compagnon (ou ex compagnon)
  • Dans 50% des cas où les femmes agressent les hommes, elles sont en fait elles-mêmes victimes de violence de la part de leur compagnon
  • Les femmes sont majoritairement les victimes
  • En 2011, 146 personnes sont décédées en France sous les coups de leur conjoint ou ex conjoint (122 femmes et 24 hommes).
  • Sur les 24 femmes auteurs d’homicide, la moitié était elle-même victime de violence de la part du partenaire.

En 2011, on recensait également 11 enfants victimes des violences mortelles exercées par leur père ou leur mère. En incluant les suicides des auteurs, et les homicides de victimes collatérales, ces violences mortelles tué 224 personnes au total, soit 15 de moins que l’année précédente (selon les chiffres du ministère de l’intérieur).
Des chiffres en léger recul… Mais encore bien trop élevés…

4 millions de femmes en Europe sont victimes de violences conjugales.

Quelle que soit la victime (directe ou indirecte) des violences conjugales, il y a des répercussions importantes sur l’état de santé, mais aussi sur l’équilibre psychologique (tant de la victime elle-même que de ses enfants)…
Loin de réaliser l’espace privé protégé qu’il devrait être, le cercle familial peut devenir paradoxalement une sphère de violence, d’insécurité, d’angoisse et de stress où les plus fragiles sont constamment menacés.
D’abord insidieuse, la violence s’installe graduellement. Elle se développe à travers des cycles dont l’intensité et la fréquence augmentent, avec le temps, suivant les paliers d’une impitoyable escalade.
Et pourtant, il n’est pas toujours aisé de discerner ce qui, au sein du couple, relève de la violence et ce qui appartient au registre de la mésentente ou de la misogynie, voire de la communication paradoxale…
S’il est indéniable que le fait de contrôler la vie privée de son conjoint (homme ou femme) ou rabaisser systématiquement la victime est une forme de harcèlement psychologique, il est peut-être plus difficile de considérer ces « seules » attitudes comme des formes de violences conjugales.
Par contre, les violences physiques s’accompagnent toujours de pressions psychologiques très fortes (chantage, humiliation, dénigrement, contrainte…).
L’Organisation Mondiale de la Santé, reprenant les termes adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies, donne la définition suivante de la violence à l’égard des femmes :
« Tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ».
La violence englobe donc, outre les coups et les sévices corporels, les sévices sexuels, les comportements dévalorisants tels que violences verbales, menaces, chantage, le proxénétisme et la prostitution, le harcèlement sexuel et l’intimidation au travail, les mutilations génitales féminines et autres pratiques traditionnelles préjudiciables à l’intégrité et à la dignité de la femme, les violences exercées au sein des institutions et la violence économique.
Mais cette définition se focalise seulement sur les femmes victimes (plus nombreuses certes), mais oublie le cas des hommes victimes eux aussi (que ce soit de la part de leur compagne ou de leur compagnon).
Mais ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité car ils ne prennent pas en compte toutes les victimes qui se taisent, restent dans l’ombre, souffrent en silence…

« On ne peut prévenir ce qu'on n'identifie pas, on ne peut traiter ce qu'on ne diagnostique pas. Et l'on ne peut enseigner la façon de les repérer à moins de comprendre soi-même la pathologie. »

Sylviane Barthe Liberge

Quelques définitions pour mieux comprendre

Acte de violence
Brutalité, agression, coups et blessures, déchaînement, contraindre, menacer, arracher de force, immobiliser, bâillonner, frapper avec acharnement, s’acharner sur, violer, abuser…

Conjugopathie
Il s’agit d’une pathologie du couple qui s'exprime à travers des violences conjugales, des problèmes sexuels, la dépression. Elle peut se poursuivre à travers les enfants.
En véritable souffrance, la conjugopathie permet d’éviter de se confronter à soi-même. Elle peut aussi servir à justifier des difficultés personnelles. Donc, la conjugopathie peut avoir une fonction. Pour ainsi dire, se confronter à l’autre pour éviter de se confronter à soi-même. C’est aussi projeter sur l’autre sa colère, ses souffrances, ses difficultés, ses failles… Ainsi, un des éléments central de la conjugopathie est la non individuation, autrement dit l’incapacité à être soi-même.

Faits de maltraitance
Ils s’inscrivent dans une relation où l’un des membres du couple (ou du groupe) exerce une force sur un autre (ou des autres), et/ou dans une relation de dépendance, voire également dans une relation de protection (comme l’est une relation éducative) mais dont la dimension de protection s’est trouvée niée ou pervertie. Il s’agit d’actes (ou absence d’acte) subis par des personnes dépendantes et/ou vulnérables.

Maltraitance
Venant du latin « tractare », elle signifie « traîner violemment, mener difficilement ». Aujourd’hui, on parle de maltraitance dans toutes les situations un individu traite l’autre ou les autres avec violence.
La maltraitance s’entend donc de toutes formes de violences et de négligences, notamment physiques, morales et psychologiques, médicamenteuses, financières, négligences active (l'enfermement...) ou passive (absence d'aide à l'alimentation...), violation des droits civiques (contrainte sur bulletin de vote par exemple).
La maltraitance engendre un tort et/ou une blessure. Elle constitue une atteinte aux droits fondamentaux et à la dignité de la personne.

Relation de dépendance / vulnérabilité
La dépendance affective (amoureuse entre autres) connaît des alternances entre extase et souffrance, liées à la présence ou l'absence de satisfaction de l'autre. Elle agit comme la dépendance du toxicomane, mais en remplaçant le produit toxique par un être humain, source de sentiments forts, médiatisés, valorisés, idéalisés, comme « passion », « dévouement », « amour », « tristesse » (à entendre sous le registre du manque)... Des émotions qui envahissent le champ affectif et émotionnel. La personne est dépendante à l’autre comme elle le serait à un produit. A la différence que la dépendance affective se réécrit au quotidien, remplaçant un objet (d’amour) pour un autre dès qu’il y a perte.

Violence
Violence vient du latin « vis » qui veut dire « force en action », et plus précisément, « force brutale exercée sur quelqu’un ». Ce qui évoque l’abus de la force pour contraindre quelqu’un à faire quelque chose contre son gré. A l’instar de la force brutale pour soumettre, « faire violence à quelqu’un ».

Violence conjugale
Elle se caractérise par une série d’actes répétitifs, suivant une courbe ascendante : l’escalade de la violence (appelée aussi le cycle de la violence).
L’agresseur suit un cycle défini par des phases successives marquées par la montée, la tension, l’agression, la déresponsabilisation, la rémission et la réconciliation. À ces phases correspondent chez la victime la peur, la colère, le sentiment qu’elle est responsable de la violence et, enfin, l’espoir que la situation va s’améliorer. Toutes les phases ne sont pas toujours présentes et ne se succèdent pas toujours dans cet ordre.
La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique, d’humiliations sociales. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. Elle peut être vécue dans toute forme de couple, quel que l’âge.
La violence conjugale est un phénomène de société. Et contrairement aux idées reçues, elle touche toutes les catégories sociales, et toutes les cultures.

Violences intra familiales
Elle comprend toutes formes de violence provenant et s’exerçant en milieu familial, qu’il s’agisse de violence physique ou morale :
• Violence filiale : d’un frère, d’une sœur, des enfants vis à vis des parents (ou des parents sur les enfants)
• Violence des beaux-parents / cousins / grands-parents / oncles / tantes…
• Séquestration de la famille
• Imposition arrêt des études (sans motif valable)
• Interdiction de travailler (forme de « séquestration)
• Obligation de remettre la totalité du salaire
• L’absence de communication ou le silence imposé, représente une forme fréquente de violence morale…
La violence intrafamiliale comprend donc toute forme de violence physique, psychique, sexuelle ou économique entre membres d’une même famille, quel que soit leur âge.
L'intention est une prise de pouvoir sur l'autre, peu importe ce qui déclenchera le conflit. Cette intention est camouflée, dissimulée. Ce n'est pas une perte de contrôle, au contraire. Ces stratégies de prise de pouvoir sont organisées, récurrentes, cycliques, s'inscrivent dans la durée.
En réaction, face à cette insécurité, les victimes adoptent des stratégies de protection et de survie. Les conséquences sont désastreuses car ces violences provoquent honte, repli sur soi, humiliation, soumission.

Violence psychologique
Au départ, on employait le terme « d’abus psychologique » pour se référer à un comportement utilisé pour exercer un pouvoir indu et nuisible par le contrôle, en maintenant la peur et l’intimidation chez la victime.
Par la suite, ce terme fut élargi à d’autres situations telles que l’abus sexuel et l’abus spirituel.
D'autres termes ont aussi vu le jour tel que « abus émotionnel, cruauté mentale, mauvais traitement psychologique »...
Dans les années 1980, le terme de violence psychologique a été jugé plus pertinent que les autres en ce qu'il inclut à la fois des aspects cognitifs et affectifs.
Bien que ce concept soit soumis à la subjectivité de chacun, un certain nombre d’éléments et de comportements peuvent être identifiés :
• La dévalorisation
• L'humiliation par des critiques, des railleries ou par le ridicule - les insultes, les menaces, l'intimidation, le dénigrement, le harcèlement, la manipulation, l’isolement, le rejet, la discrimination, la provocation
• L'indifférence, la négation de l'autre : faire comme si la personne n'était pas là. C'est le refus d'entendre, d'écouter de recevoir l'autre (Lacombe 1990)
La violence psychologique est une véritable atteinte de l’estime de soi, de l’intégrité psychique ou mentale de la victime afin d’exercer le contrôle pour le LE pouvoir absolu.

La violence psychologique dans une relation de couple est un ensemble de comportements spécifiques, intentionnels et répétitifs, qui s'expriment à travers la communication, dans le but de porter atteinte à l'intégrité physique et psychologique de la personne. Cela a pour conséquence une dégradation des conditions de vie de la victime, susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité ou d’altérer sa santé physique ou mentale. La victime pourra alors présenter un syndrome dépressif, ou syndrome anxieux, ou anxio-dépressif, ou stress post-traumatique, faire tentative de suicide… Bien que l’abuseur ait conscience de ces conséquences sur sa victime, il persiste dans son entreprise de démolition psychologique, non sans une certaine jouissance perverse.
La victime perd complètement confiance en elle, vit dans une peur latente et continue. Elle n'est plus capable de faire face à toutes ces attaques incessantes, et encore moins de s'y soustraire. Elle baisse les armes et abandonne le combat. Elle reste passive et accepte finalement le message que lui est envoyé par son agresseur : « Elle n’est rien. Elle ne vaut rien ».
Dans ces circonstances, le déni et la dissociation (physique et psychique) sont des stratégies de survie. La victime n'est plus capable par elle-même de prendre conscience de cette violence psychologique en train de la détruire à petit feu. La prise de conscience ne peut se faire qu'à travers le regard extérieur, le témoin.

Sylviane Barthe Liberge

Les différentes violences

Négligences actives : toutes formes de sévices, abus, abandons, manquements pratiqués avec la conscience de nuire.


Négligences passives : négligences relevant de l’ignorance, de l’inattention de l’entourage.


Privation ou violation de droits : limitation de la liberté de la personne, privation de l’exercice des droits civiques, d’une pratique religieuse...


Violence économique : elle s'exerce différemment selon les milieux. Détournement des allocations familiales, revenus déposés sur un compte dont seul le partenaire détient la signature, biens immobiliers mis sous la gestion de la personne violente... La violence économique a pour objet de déposséder la victime de toute possibilité d'autonomie financière.


Violences matérielles et financières : vols, exigence de pourboires, escroqueries diverses, locaux inadaptés...


Violences médicales ou médicamenteuses : manque de soins de base, non information sur les traitements ou les soins, abus de traitements sédatifs ou neuroleptiques, défaut de soins de rééducation, non prise en compte de la douleur...


Violences physiques : coups, brûlures, ligotages, soins brusques sans information ou préparation, non satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtres (dont euthanasie)... Dans le cadre d’une conjugopathie, les victimes décrivent des coups sur le corps ou sur le visage, plus précisément coups de pieds, coups de poing, gifles. Leur partenaire leur tape la tête contre le mur, leur tire les cheveux, leur crache dessus, les pousse dans les escalier, les empoigne, les secoue, les bouscule, les étrangle, les jette contre les vitres ou contre les murs, leur tord les poignets, les immobilise pour les empêcher de se défendre, leur saute dessus, les jette hors du lit, leur casse un objet sur la tête ou le corps, lance un objet contre elles, les prend par la peau du ventre, les marque pour les empêcher d’aller au travail, leur donne la fessée, leur arrache les habits... Les victimes se retrouvent parfois chassées du logement : certaines trouvent la porte fermée quand elles rentrent ou sont séquestrées (par exemple, enfermée dans une pièce pendant des heures). Plus grave encore, certains agresseurs menacent de tuer leur partenaire avec un objet dangereux (couteau, revolver, fusil…)


Violences psychologiques : langage irrespectueux et/ou dévalorisant, absence de considération, chantages, abus d’autorité, comportements d’infantilisation, non respect de l’intimité, injonctions paradoxales, humiliations... Dans tous les cas, l'agresseur renvoie à la victime une image d'incompétence, de nullité. Il l'atteint dans son image et dans son identité. La victime perd progressivement confiance en elle et en ses possibilités. Elle s'isole, s'enferme dans la honte. Cette violence peut conduire à la dépression, à l'alcoolisme, au suicide.


Violence sexuelle : elle est la plus cachée mais pas la moins fréquente. L'homme violent oblige sa victime à avoir des rapports sexuels malgré elle, avec lui ou avec d'autres partenaires. Il peut parfois la forcer à se prostituer. Les viols, les agressions sexuelles, les rapports acceptés sous la contrainte ou pour calmer le partenaire sont réguliers. Les victimes ont beaucoup de mal à parler d'une violence liée à une sexualité, bien qu'il s'agisse de viol ou d'agression sexuelle punis comme tels, ces actes restent associés au « devoir conjugal ».


Violence verbale : pour exprimer reproches, mépris ou menaces, beaucoup d’agresseurs crient, s’énervent, hurlent, deviennent agressifs, parlent plus fort que la victime pour l’empêcher de parler. Parfois au contraire, ils opposent à leur victime un silence méprisant. Ils ne répondent pas à ses questions, ne l’écoutent pas et refusent tout dialogue.

 

Sylviane Barthe Liberge

Violence conjugale parmi les couples homosexuels

Taboue, parfois méconnue, la violence au sein des couples homosexuels n'en est pas moins réelle. De nombreux facteurs participent à cette sous estimation, voire à la négation de ce problème :

  • A commencer par les préjugés de genre ou hétéro sexistes, largement répandus dans la société. Le mythe même de la "maltraitance mutuelle" persiste (avec une confusion entre les pratiques sadomasochistes et l'homosexualité). Certains estiment que, dans un couple homosexuel, chacun des membres ferait usage de la violence à "tour de rôle". Il s'agit bien évidemment d'une idée reçue assez perverse car elle sous-entend une certaine banalisation - voire normalisation - de la violence dans un couple homosexuel... Or, quelles que soient les orientations sexuelles, la violence reste de la violence, avec ses conséquences et ses souffrances.
  • "Seules les femmes peuvent être victimes"... Encore une idée reçue qui continue à véhiculer les fondements traditionnels des militantes féministes, définissant la violence non seulement comme sexuée, mais en plus exclusivement masculine ! Comment expliquer alors qu'un homme décède tous les 13 jours sous les coups de sa compagne ? Certes, ils sont 4 fois moins nombreux que les femmes. Mais le phénomène existe. Nous rencontrons de plus en plus de phénomènes de violences urbaines chez les jeunes femmes, très tôt. Cette violence s'infiltre aussi dans le couple.
  • La communauté Gay Lesbienne Bi Trans a longtemps entretenu le silence sur les violences conjugales, par peur d'être doublement stigmatisée par le "monde hétérosexuel". La communauté craignait que les courants homophobes ne se servent de cet argument à des fins discriminatoires. Et puis... Le couple LGBT n'aurait pu souffrir des mêmes maux que le couple hétérosexuel ! Et pourtant...

Quoi qu'il en soit, la violence au sein des couples (homosexuels comme hétérosexuels) constitue un réel fléau de santé publique, le 3ème en importance après le VIH et l'alcool et les substances psychoactives (d'après les recherches de Louis LECLERC, de l'Université de Sociologie de Québec, en 2007).

La violence conjugale chez les couples homosexuels n'a rien de marginal. Elle est tout aussi importante que chez les couples hétérosexuels. Autrement dit, la préférence sexuelle ne protège pas de la violence conjugale.

Dans tous les cas, une aide extérieure permet à la victime d'éviter de s'enliser dans une relation destructrice, où elle risque chaque jour davantage d'y laisser sa vie.

Sylviane Barthe Liberge

Les hommes victimes de violences conjugales

En 2005, 1457 plaintes ont été déposées par des hommes pour violences à leur encontre de la part de leur compagne.
En 2006, il y a eu 1724 plaintes… Soit une augmentation de 18%.
Sachant que seulement 10% des hommes (comme des femmes) déposent plaintes.
Lorsque l’homme est victime de violences conjugales, dans la moitié des cas, c’est parce qu’ils ont eux-mêmes été violents envers leur compagne.
Mais… Ca veut dire que dans la moitié des cas, les hommes sont des victimes à part entière !
La situation des hommes battus est encore plus indicible que celle des femmes battues. Un homme battu est foncièrement contraire à l'image de la virilité. Ce qui rend la situation encore plus honteuse pour un homme victime de violences féminines que pour une femme d'être victime d'un homme.
On pourrait penser que ce devrait être aux hommes de réagir et de prendre cette question en main, comme l’avait fait auparavant les féministes. C’est une erreur, me semble-t-il. Tout comme l'a souligné Elisabeth BADINTER, "c’est l’affaire de tous". Nous devons tous, à notre niveau, encourager les hommes à sortir de l’ombre de la violence conjugale. Nous devons les aider à surmonter leur honte et à déposer plainte auprès des services de police et de gendarmerie.
Ce qui était une réelle difficulté pour les femmes il y a quelques années, l’est encore tout autant pour les hommes aujourd’hui. C’est même une démarche quasiment impossible (notamment par le fait de se faire parfois rabroué, moqué, dénié… par le policier ou le gendarme qui doit recevoir la plainte… et ne le fait pas toujours selon les témoignages des hommes).
Il est en effet difficile d’imaginer qu’un homme puisse se laisse « battre » par une femme. Or même si l’homme est censé être plus fort que les femmes (ce qui n’est pas vrai dans tous les couples !), les hommes battus n’osent pas réagir par peur de blesser leur compagne et d’être accusés de mauvais traitements, voire de violences conjugales. Même pour faire cesser les coups de leur compagne (quand ce ne sont pas les objets qui sont projetés sur eux, y compris les bibliothèques). Certains se refusent également à réagir car ils ne veulent pas entrer dans ce cycle de violence.
Par ailleurs, les exemples cliniques nous montrent que les femmes violentes le sont davantage sur le registre psychologique, usant des mots comme de vraies lames de rasoir, coupantes, sifflantes, cinglantes. Ces femmes sont passées maîtres dans l’art de l’humiliation, du dénigrement et de la négation de leur victime. Mais comment porter plaintes quand les coups ne sont pas visibles ?
Cette violence psychologique des femmes envers les hommes peut s’exprimer aussi au moment du divorce, en accusant par exemple à tord l’homme d’être pédophile et ainsi obtenir la garde des enfants (dans 17% de telles plaintes, il y a faux témoignage selon Elisabeth BADINTER).
A l’heure actuelle, peu de personnalité parle de ce phénomène de violence sur les hommes, à l’exception de madame Elisabeth BADINTER. Pourtant il s’agit d’une réalité dont on doit tenir compte. Ce qui ne veut pas dire que l’on minimise pour autant les violences faites aux femmes. Mais nier ce problème est aussi une violence supplémentaire faite aux hommes victimes.

Sylviane Barthe Liberge

Les origines de la violence

La violence conjugale n’a pas de cause unique. Elle est au contraire plurifactorielle. En effet, il faut tenir compte à la fois de l'individu, de la famille, de la communauté et de la société. C'est la conjugaison de différents facteurs de risque qui peut tendre à expliquer la violence et non une cause unique et invariable.

En ce qui concerne les facteurs individuels, on peut noter :

Une construction fragile de l'identité et de profondes blessures narcissiques
Des antécédents de violence, en tant que victime ou témoin
Des troubles psychologiques ou de la personnalité
Une volonté de domination
Des abus d'alcool, de médicaments et/ou toxicomanie (il n'existe pas de relation causale entre alcool et violence, mais il peut faciliter l'expression d'une violence latente).
Pour ce qui est des facteurs relationnels et familiaux, il faut envisager :

Le passé familial souvent marqué par de la violence intra familiale
Le pouvoir inégalement réparti dans le couple parental (avec recherche d’imitation, identification à l’agresseur qui a une image forte…)
La dépendance affective pouvant aboutir à une volonté de possession
La faible capacité de communication, voire le refus de la négociation
De faibles capacités de mentalisation et d'esprit critique
Du côté des facteurs communautaires, on relève :

Des coutumes et traditions autorisant le recours à la violence
Un isolement ou une faible insertion sociale
La pauvreté et l’exclusion
Enfin, en ce qui concerne les facteurs sociaux, on constate :

Un rapport de force historiquement inégal entre les femmes et les hommes, qui reste défavorable aux femmes
Une exploitation économique, sociale et sexuelle des femmes
Un parti pris du respect de la sphère privée et négligence de l'Etat face à la problématique de la violence conjugale
Un usage de la force pour résoudre les conflits au sein de la société
La fréquence et la banalisation de la violence dans les médias
L’héritage de systèmes d'éducation répressifs, autoritaires et/ou sexistes

Sylviane Barthe Liberge

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youyengvang | Réponse 15.07.2017 23.55

Bonjour je suis séparée de mon mari pour violence conjugale depuis février 2017.
Nous avons des enfants et je suis enceinte aidez-moi à trouver une solution mer

founeau | Réponse 19.01.2017 10.50

bonjour je sius separe de mon conjoint depuis mai 2016 suite a des mensonges trompe et subi des violences conjugales il serai reconnu comme quoi il ferai de la

chris | Réponse 21.03.2015 12.44

bonjour, mon fils de 18 ans est homosexuel en couple depuis quelques mois avec un jeune homme formidable est violent physiquement et moralement, et jaloux,

SBL 18.06.2015 15.17

Bonjour
La jalousie peut être pathologique et entraîner de multiples violences. Bien qu'entendable (ou pas), elle ne doit pas être acceptable.

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Commentaires

08.10 | 13:03

Comment faire si c'est son propre enfant (19 ans ) qui est PN?
La fuite est alors difficile...

...
05.10 | 20:19

Bonjour, j'ai exactement la même question qu'Alicia. Quelle attitude adopter lorsqu'il s'agit d'un parent sous emprise se fait écho à la violence envers vous ?

...
19.07 | 16:54

Bonjour,

Il semble que la seule issue possible avec un pervers narcissique est la fuite..comment faire si il s'agit de sa maman? peut-on vraiment couper lien?

...
15.07 | 23:55

Bonjour je suis séparée de mon mari pour violence conjugale depuis février 2017.
Nous avons des enfants et je suis enceinte aidez-moi à trouver une solution mer

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