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La culpabilité est un sentiment aussi répandu que pénible à vivre. Sain, lorsqu'il fait suite à une faute, il peut aussi devenir pathologique et prendre le dessus sur notre existence. Il semblerait en effet que la culpabilité fasse partie de l'évolution de l'être humain. La culpabilité est la traduction émotionnelle d'une erreur. Elle est utilisée par notre conscience pour nous signifier un risque. C'est un processus de responsabilisation, processus qui permet de se construire, de grandir en capacités tout en garantissant aux autres de faire de même. Par conséquent, c'est un phénomène interne, développé au cours de notre enfance, avec l'intégration des interdits. Ceci, dans le but de pouvoir vivre en société de façon libre et harmonieuse. Mais... pour certaines personnes, la notion de responsabilité peut se muer en sentiment de culpabilité. Pourquoi cette culpabilité ? Sans doute parce que certains choix de vie peuvent aparaître (ou du moins, c'est que les autres peuvent nous renvoyer) comme étant purement égoïstes. Ce qui peut engendrer de la honte (de soi et de ses choix), la crainte d'être rejeté par ses pairs, l'impression de n'être plus rien... Et derrière, ce qui se cache... c'est la peur de perdre l'Amour ! On passe alors notre temps à être tiraillé entre ses envies, ses désirs, et de l'autre la peur de se retrouver seul. On culpabilise alors de ne pas faire suffisamment attention aux autres. De ne pas être assez présent, ou tout le temps présent.
Mieux vaut-il vivre avec de la culpabilité ou avec des regrets ?
Se comporter en personne responsable, soucieuse des autres et désireuse d'échanger avec ses pairs, est un souhait de tout un chacun. Mais, dès l'instant où nous croyons comprendre que l'amour, dont chacun de nous a besoin constamment, est conditionné à la conformité d'un code de conduite, alors nous perdons confiance en nous, ne percevant plus la moindre valeur positive en nous. Et à cet instant, le sentiment de responsabilité se mue en sentiment de culpabilité.
De ce point de vue, se sentir coupable, c'est aussi éprouver un sentiment de contrôle sur le monde qui nous entoure. La culpabilité sert alors de protection ! Et lutter contre elle dans ces conditions est totalement vain. Par conte, elle disparaît dès l'instant où nous acceptons notre absence de pouvoir sur les autres : c'est le lâcher prise. C'est la capacité à faire la distinction entre notre responsabilité et celle des autres. Ce n'est plus tout prendre sur ses épaules dans nos relations aux autres. Nous ne sommes pas responsables du malheur des autres, ni de leur bonheur (même si nous pouvons éventuellement avoir notre petite contribution). Mais chacun a son libre-arbitre ! Et celui qui est en face de nous aussi. Pourquoi alors se charger des poids qui ne nous appartiennent pas ? Quels bénéfices en retirons-nous ? Cela dit, et ce sera mon dernier point sur un thème qui mériterait bien plus de réflexion, il y a le poids de la culpabilité dont nous héritons... Vous avez déjà dû entendre parler des romans familiaux, des mythes familiaux... Et bien nous y sommes parfois ! Nous héritons aussi des erreurs de nos ancêtres, et nous portons le poids de cette culpabilité alors que nous n'avons souvent même pas connaissance de la faute...
Pour n'en citer que quelques uns (les plus fréquents à vrai dire), on retrouve les divorces mal assumés, les enfants nés hors mariage, les enfants illégitimes, inceste, viol, déportation, faillite, alcoolisme, jeux... Quel que soit cet évènement, il a généré un traumatisme chez nos parents, ou nos grands-parents, voire nos arrières grands-parents. Ce sont des évènements qui ont ébranlés l'équilibre familial, leurs certitudes, leurs valeurs, même leur identité. Même s'ils n'en étaient pas réellement ou directement responsables, ils se sont tout de même sentis coupable d'en être les victimes, de ne pas avoir su se défendre, de ne pas avoir su faire face à la situation pour l'éviter... Mais ces évènements ne suffisent pas, en eux-mêmes, à générer de la culpabilité. Tout est lié à la structure même de la famille, aux valeurs autour desquelles elle est organisée. Dès l'instant où l'évènement va devenir tabou et générer des non dits, il va y avoir culpabilité et cela va entrer dans l'histoire inconsciente de la famille, dans le "mythe familial".
Par ailleurs, quand notre sentiment de culpabilité est un héritage familial, on le transmet à notre tour à nos enfants. Chaque génération est responsable des souffrances passées. Elle devient dépositaire de la mémoire douloureuse de la famille, à des stades différents de génération :
Aussi, pour se débarrasser de ce carcan de culpabilité, et faire tomber le masque, seul un travail sur soi peut vous y aider. Soit une psychothérapie, soit une psychanalyse... Sylviane LIBERGE Psychologue clinicienne – Formatrice Consultante - Conférencière
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