Réponses aux questions diverses

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J'ai lu quelque part que la dépression pouvait empêcher la prise de décision. Est-ce vrai?

Effectivement, le propre de la dépression est de mettre la personne dans un état d'indécision constante. Ayant des difficultés à réfléchir, elle a aussi du mal à agir et à prendre des décisions. Le cerveau est comme paralysé. Mais il n'est pas paralysé par n'importe quoi : la tristesse, l'abattement et le sentiment vide sont responsables de cet état. Dans certaines dépressions extrêmement graves, où les traitements médicamenteux sont devenus inefficaces, les personnes sont dans un état quasi végétatif. Pour les faire à nouveau réagir, le corps médical à recours aux sismothérapies (anciens électrochocs) qui se pratiquent sous anesthésie générale. Cela permet de "remettre en route" l'activité neuronale.

Toute personne peut être sujette à un état dépressif : en fonction des évènements de la vie, en fonction de la fragilité émotionnelle du moment, en fonction des saisons... Personne n'est à l'abri. Mais, au lieu de le nier ou d'en avoir honte, il faut aller consulter dès les premiers signes. Comme vous le feriez pour une grippe !

A l'instar des maladies somatiques, il nous est plus "facile" de prendre en charge un état dépressif qu'une dépression installée et chronique.

Ne jamais perdre de vue non plus que la dépression est une profonde souffrance et une profonde détresse. Elle n'est pas à prendre à la légère et encore moins à banaliser.

Lorsque l'on devient effectivement une marionnette, un jouet, face à un manipulateur... comment faire pour se soustraire à ce type de dépendance??? Lorsqu’elle prend trop de place dans la tête et le coeur, au point de tourner en obsession ?

Il y a deux thématiques dans cette question : la problématique du pervers narcissique (cf. l’article consacré à ce sujet fort complexe) et la victime de cette personnalité.

Le propre du pervers narcissique est d'enfermer sa "proie" dans un état de dépendance affective et financière dont les mailles du filet se resserrent avec le temps. Le jour où la victime se réveille, elle se sent effectivement comme un jouet, une marionnette et ça devient une obsession.

Pour se soustraire à ce type de dépendance, cela prend du temps et ne peut rarement se faire seul. Il faut de l'aide, et du soutien. Ne serait-ce que parce qu'on a une mauvaise estime de soi. Pendant des années, le pervers narcissique martèle que vous n'êtes rien, que vous êtes nulle, moche... Ce qui a fini par devenir une réalité pour la victime. Pour s'en sortir, il faut donc qu'elle "casse" un schéma de pensée et d'auto perception qui lui a été asséné. La reconstruction est difficile, longue. Le soutien de l'entourage est nécessaire. Mais aussi une prise en charge thérapeutique.

Les relations explosives mère / ados... Un conflit qui dure depuis des années, la maman se juge esclave de ses deux enfants qui selon elle l'empêche de vivre sa vie...
Une autre question : les enfants athlètes...

Les relations des parents avec les adolescents sont souvent « irruptives ». Mais ce n'est pas forcément un mal en soi car l'adolescent se construit dans l'opposition et le conflit. Ce qui est important, c'est de ne pas prendre parti et d'entendre les souffrances des uns et des autres. Que l'on soit d'accord ou non avec cette maman, ça n'a pas d'importance car il s'agit de son ressenti et donc il ne peut être remis en cause. La question qu'il serait intéressant de lui renvoyer, c'est en quoi elle se sent esclave de ses deux enfants ? Et qu'entend-elle par "vivre sa vie" ? Comme beaucoup d'enfants, ils doivent demander beaucoup d'attention. Mais quand on est séparé, la mère gère seule et de front les affres de l'adolescence, et c'est loin d'être aussi facile... Peut-être a-t-elle le sentiment de ne plus avoir une minute à elle. Et c'est sans doute ce qui se passe. Et ce n'est ni bon pour elle, ni pour ses enfants.

Souvent, les mères se donnent des objectifs trop élevés. Il faut apprendre à lâcher du lest, tenir sur certaines positions. Il y a une négociation à faire pour que la mère puisse avoir du temps à elle, ainsi que l'ado !

Parfois, une médiation familiale peut aider à y voir plus clair et mieux vivre ce passage difficile.

En ce qui concerne les enfants athlètes, je me suis toujours interrogée sur la notion de désir. A qui appartient réellement le désir de performance ? Est-ce celui des enfants ou est-ce celui des parents qui projettent sur leurs enfants leurs frustrations et leurs envies de réussites et de reconnaissance... ? Les deux sont sans doute possible, mais même lorsque l'enfant désire réellement excéler dans un sport, il est du devoir de ses parents de maintenir la part d'enfance à laquelle il a droit pour se construire solidement.

Comment faire pour gérer les émotions négatives ???

Au risque de me répéter, il faut parler. Plus on communique, moins on garde en soi, donc moins on rumine. Du coup, on se sent tout de suite libéré.

Mais autres petits trucs pour "évacuer", le sport (en particulier quand il faut faire des efforts), le modelage d'argile, l'écriture (en mettant sur papier tout ce qui ronge ou énerve. Puis en les relisant plus tard et en cherchant des solutions), la peinture (d'art ou de bricolage), se mettre devant le miroir et faire des grimaces !!! Ne riez pas, ça marche pour pas mal d'entre nous. Il suffit de ne pas avoir peur d'être ridicule. Cela dit, si vous faites ça seul, il y a moins de risque…

Si les émotions négatives arrivent au bureau ou pendant une réunion de famille, fermez les yeux en baissant la tête et imaginez-vous ailleurs. Ou... Imaginez la personne, qui est la cause de votre souffrance, dans une situation grotesque qui l'embarrasserait à coup sûr.

Et puis chacun de nous trouve ses petites astuces !

Mais sur le long terme, il faut s'interroger sur le pourquoi de ces émotions négatives, où prennent-elles leur source et pourquoi elles vous affectent autant. Ce qui veut dire un travail sur soi !

Comment résister à l'envie de manger ou de me disputer avec ma moitié ?

Pourquoi cette alternative entre manger ou se disputer avec monsieur ? Je ne cesse de dire que lorsqu'on mange, on ne peut pas parler (notre éducation nous l'interdit !). Mais pourquoi tout de suite se disputer ? Ne serait-il pas mieux d'arriver à dire ce que l'on ressent ou ce que l'on pense sans passer par la case dispute ? La réponse semble évidente, mais pourquoi ne le faisons-nous pas ? Pourquoi est-ce si difficile ? Ne serait-ce pas parce que justement on retient trop longtemps ses émotions qu’elles finissent par nous échapper ?

Comment se fait il que certaines femmes se posent autant de question sur la grossesse et ont peur d’en avoir alors que d’autres femmes disent avoir l’instinct maternel et n'ont pas peur d’en avoir ??? Y a-t-il un instinct maternel pour certaines et donc pas pour d autres ?? Qu’est ce qui fait que nous sommes prêtes à avoir un enfant ou pas ???

La maternité ne va pas forcément de soi. L'instinct maternel... il faudrait déjà se mettre d'accord derrière ce terme ! Est-ce le désir d'enfant ? Est-ce la capacité à être à l'écoute de l'enfant ? Est-ce la capacité à prendre soin de lui ?... Et si c'était un peu tout ça et encore autre chose ?

L'instinct maternel, contrairement aux idées reçues, ne va pas de soi. Chaque femme se pose à un moment ou un autre des questions : est-ce que je suis une bonne mère ? Est-ce que je fais ce qu'il faut pour mon enfant ? Est-ce que... ? Certaines vont se poser des tonnes de questions, avant même d'être enceintes. Ce qui fait qu'elles se font peur toutes seules.

D'autres se posent moins de questions avant, mais pendant et après, c'est une autre histoire.

Si nous sommes honnêtes, toutes les femmes se posent des questions quant à leurs aptitudes de mère. Même si elles sont de bonnes mères pour la grande majorité.

Mais si certaines femmes éprouvent moins d'appréhension à l'idée d'avoir des enfants, c'est sans doute que leur propre mère les a préparé à ce passage important de leur vie : en les faisant participer enfant à la vie de famille, en jouant avec leurs filles (enfants) à la poupée... Nos mères font de nous de futures mères.

Encore le spectre de la relation mère / fille...

Ensuite, il y a le désir d'enfant. Ce n'est pas une honte ou une aberration de ne pas avoir envie d'un enfant. Il vaut sans doute mieux assumer ce choix que d'avoir un enfant "par principe" et le rejeter psychiquement (voir physiquement).

Mais si le désir d'enfant est là, mais qu'il y a la peur d'en avoir, il faut alors s'interroger sur les peurs : quelles sont elles ? D'où viennent-elles ?

Et puis, aujourd'hui encore, on n'a pas un enfant seule dans son coin. Il existe des professionnels pour aider et accompagner le temps que la jeune maman prenne de l'assurance. Sans oublier les papas : aussi "flippés" que les futures mères mais qui sont d'excellents alliés. Ainsi, l'instinct maternel peut alors se développer.

Et pour conclure, il me semble que l'instinct maternel serait à rapprocher de l'instinct de protection...

Pourquoi le mensonge ? Pourquoi certains éprouvent ce besoin de mentir pour tout et pour rien ?

Si certaines personnes mentent pour tout et pour rien, c'est sans doute pour essayer de masquer leur manque de confiance en elle et se donner une image "idéalisée" car au fond, elles ne s'aiment pas. C'est s'inventer un personnage parce que sa propre vie apparaît (à leurs yeux) misérable et sans intérêt.

Le mensonge est comme un mécanisme de défense. Chez les enfants, ils commencent à mentir le plus souvent parce qu'ils ont peur de se faire punir. Si le mensonge passe inaperçu, il devient alors facile de mentir. Le jeu devient vite un piège. Et lorsqu'ils sont démasqués, le plus souvent, c'est un soulagement car il est très difficile de vivre constamment dans le mensonge.

Souvenez-vous du film « L'Adversaire » avec Daniel Auteuil ? Il est basé sur une histoire vraie d'un des plus grands menteurs contemporains ! A l'issue dramatique...

Mais sans aller jusqu'à des mensonges aussi énormes, effectivement, certaines personnes y ont fréquemment recours. Ne serait-ce que pour éviter un RDV redouté, ou fuir des personnes sans pour autant les affronter... Qui de nous n'a jamais fait un seul mensonge de toute sa vie ?

Mais il y a aussi les « menteurs professionnels ». Certains diront que ce n'est pas du mensonge, mais de la diplomatie... Cela dit, les politiques ont tendance à vouloir nous faire avaler des couleuvres... Et n'est-ce pas du mensonge ? Par exemple, souvenez-vous de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl ? A l'époque, notre gouvernement nous avait assuré que le nuage toxique ne pouvait pas passer au-dessus de la France... Aujourd'hui, on sait qu'il n'en est rien.

Si on se réfère à l'actualité, il n'y a pas encore si longtemps, nos politiciens nous affirmaient que la crise des "surprimes" aux USA n'auraient aucun impact sur notre économie. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Donc le mensonge, beaucoup de personnes y ont recours, pour des raisons diverses...

Pourquoi avons-nous autant besoin de nous détruire ? De faire de l'autodestruction physique et morale (scarification, suicide)

Derrière toute action de destruction, il y a une souffrance psychique envahissante. Cette souffrance, qui ne peut pas être mise en mots, va s'inscrire sur le corps. La tête souffre et il faut que ça se voit, d'une manière ou d'une autre. Et derrière cette souffrance se dissimule des traumatismes du passé (de l'enfance, mais pas seulement).

Et le corollaire de cette souffrance, c'est aussi la culpabilité. On se fait mal pour se punir. Bien sûr, c'est souvent inconscient.

Comment faire face aux chocs de la vie ? Qu'est ce que la résilience ?

La résilience est un concept qui a été développée en FRANCE par Boris Cyrulnik. Mais voici quelques définitions :

« La résilience, c'est l'aptitude des individus et des systèmes (les familles, les groupes et les collectivités) à vaincre l'adversité ou une situation de risque. Cette aptitude évolue avec le temps ; elle est renforcée par les facteurs de protection chez l'individu ou dans le système et le milieu ; elle contribue au maintien d'une bonne santé ou à l'amélioration de celle-ci »

(Résilience, Pertinence dans le contexte de la promotion de la santé, Document de travail - Analyse détaillée présentée en 1995 à Santé Canada par Colin Mangham, Ph.D., Patrick McGrath, Ph.D., Graham Reid, Ph.D., Miriam Stewart, Ph.D., Atlantic Health Promotion Research Centre, Université Dalhousie).

« La Résilience définit la capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants. » Docteur BORIS CYRULNIK, Psychiatre Directeur d'enseignement en éthologie à la faculté des lettres et des sciences humaines de Toulon

La résilience est la capacité à rebondir, à trouver les ressources pour s'en sortir alors que la situation pourrait apparaître traumatisante ou déstructurante. Pour exemple, les enfants victimes d'agression sexuelle peuvent très bien s'en sortir sans traumatisme, juste en étant entendu et reconnu comme victime (nous avons fait énormément de progrès d'ailleurs dans l'audition des enfants dans ces cas pour justement éviter de cristalliser le trauma et donc le transformer en traumatisme).

La résilience est aussi une aptitude naturelle chez certaines personnes qui sont volontiers qualifiées de forte personnalité. La personnalité n'a pas grand chose à voir en fait. Mais ce sont des personnes qui ont la capacité à trouver les ressources pour se sortir des impasses, qui savent où trouver de l'aide et l'utiliser à bon escient.

Ensuite, pour faire face aux chocs de la vie, encore une fois, il faut COMMUNIQUER. Exprimer ses ressentis, vider son sac à émotions qui se remplit à vue d'oeil. Il ne faut pas s'isoler, au contraire.

Mais chacun réagit comme il peut et aussi comme il veut. Nous avons notre libre arbitre, y compris face aux aléas de la vie.

Comment reconnaître si on a atteint le poids forme ?

Tout dépend pour qui ! Pour le diététicien ou le médecin, cela va souvent dépendre de l'Indice de Masse Corporelle. Pour un psychologue, c'est sans aucun doute le moment où on se sent bien dans sa peau et dans son corps. Mais même avec un excellent IMC, certaines personnes ne se sentent toujours pas bien dans leur corps... Parce que le problème est avant tout psychique. Alors que d'autres, en surpoids, se sentent très bien !

De façon plus objective, il y a aussi des signes qui ne trompent pas :

  • monter les escaliers sans être essoufflé dès le premier pallier.
  • pouvoir se baisser pour lacer ses chaussures sans que ce soit le parcours du combattant.
  • entrer ou sortir de la voiture sans efforts particuliers
  • retrouver le plaisir de bouger et de s'habiller (pour séduire, à commencer par soi-même)
  • les bagues qui ne serrent plus
  • le teint clair...

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive !

En fait, je vous propose de faire une liste de ce qui vous gêne au quotidien. Vous la mettez dans un coin. Après avoir perdu au moins 5 kilos, reprenez votre liste et évaluez où vous en êtes !

Comment faire pour supporter les personnes agressives, et qui font la gueule toute la journée au bureau ...

Ce sont généralement des personnes qui ont de sérieux problèmes personnels. On nous dit souvent de laisser nos problèmes personnels au vestiaire, mais c'est loin d'être facile. Le pire est, qu'en voulant le faire, cela entraîne souvent de la morosité, de l'agressivité et donc, ces personnes "font la gueule" ! Le serpent qui se mort la queue… A force de refouler ses émotions, elles finissent par s'exprimer de manière anarchique.

Toutefois, le bureau n'est pas une annexe de l'hôpital psy (ou de mon bureau). Donc, il faut se concentrer sur ses objectifs et continuer à avancer.

L'agression peut prendre plusieurs formes : l'hypocrisie, la condescendance, le double jeu, le sabotage, la tyrannie, les coups montés, les critiques injustifiées...

Première règle : ne pas répondre à l'agression par une agression. Ca ne fait que faire monter la mayonnaise et ne règle pas le problème. Il est préférable de « laisser couler ». Mais sans oublier pour autant. Quand on sent le moment opportun, il faut éclaircir la situation et mettre les points sur les i. MAIS... avec courtoisie et calme. De la fermeté, mais pas de la rigidité.

Par ailleurs, les personnes agressives sont souvent très critiques. Mais parfois, ce sont des critiques constructives, même si elles sont mal formulées. Donc il faut essayer d'éviter de tout rejeter en bloc (malgré la difficulté que ça peut représenter au quotidien). Arriver à intégrer que les critiques sont aussi valables que les compliments, permet de voir les situations sous un autre angle, et surtout se sentir moins envahi et phagocyté.

Comment réussir son régime quand le conjoint fait tout le contraire : reproches sur les quantités insuffisantes, inciter à compléter le repas... ?

La COMMUNICATION ! Sans doute ne se rend-il pas compte des enjeux pour vous de réussir ce régime. Mais peut-être ne prenez-vous pas en considération ses angoisses au fait de voir sa compagne changer de « look ». Car en réussissant vos régimes mesdames, vous ne faites pas que changer d'aspect physique : votre personnalité s'en ressent également ! Vous vous sentez mieux dans votre peau, mais aussi dans votre tête. Plus désirable. Plus séduisante. Plus vivante !

Mais vos conjoints dans l'histoire ? Ne se sentent-ils pas jaloux ? N'éprouvent-ils pas l'angoisse de ne plus être à la hauteur ? L'angoisse de se voir ravir le coeur et l'esprit de leur compagne par un homme plus jeune, plus beau, plus riche, plus... je ne sais quoi ?

Et là, ils réagissent souvent de façon assez stupide... (mais pas tous heureusement). Certains vont tout faire pour faire capoter votre régime, et s'assurer de vous garder à leurs côtés. D'autres vont se replier sur eux-mêmes et devenir de gros ours bougons, vous amenant malgré eux à les fuir. D'autres encore vont se montrer extrêmement jaloux et possessifs... avec le même résultat !

Bref, il faut communiquer avec eux et calmer leurs angoisses, les rassurer quant à nos sentiments pour eux.

Si nous inversions les rôles un instant et que votre fasse un régime. Comment vous sentiriez-vous face à cet homme qui s'embellit, mais qui séduit aussi davantage ?

Comment peut-on gérer le fait que dans un couple, où tout fonctionnait très bien sur tous les plans y compris sexuel, suite à un problème de santé, monsieur se retrouve impuissant et comment palier le fait de le voir frustré, malheureux de ne rien pouvoir faire ? Comment surmonter l'épreuve quand le couple n'est pas forcément très solide ?

Quand le couple connaît déjà des difficultés, l'impuissance ne va faire qu'aggraver la situation. Il est préférable de consulter un thérapeute conjugal ou familial au plus vite. Il faut aussi que le compagnon consulte son médecin pour lui faire part de son impuissance et avoir les informations médicales dont il a besoin. C'est peut-être lié à sa pathologie, comme simplement psychologique : nous avons souvent des hommes qui, suite à une grave maladie, ont si peur de la mort que cela entraîne une impuissance qui n'est en rien physiologique. Et une prise en charge psychologique règle assez rapidement le problème.

Là encore, la communication est essentielle.

Les problèmes de ménopause et de prise de poids.

Pour ce qui est de la prise de poids à la ménopause, son origine est totalement biologique et... liée au vieillissement !

En fait, en vieillissant, plusieurs changements s'opèrent dans notre corps. A commencer par les hormones qui deviennent moins efficaces et en nombre moins important. D'où des substituts qui peuvent parfois être donnés aux femmes pour faire passer un peu plus facilement cette délicate période. Mais ne croyez pas que les hommes soient épargnés : ils subissent eux aussi les changements hormonaux liés à l'âge !

Ensuite, tout notre corps change : les tissus (la peau qui se flétrie, qui est plus fragile, moins souple, plus sèche et plus cassante), la membrane des vaisseaux sanguins s'affine et devient plus fragile (d'où les nombreuses ecchymoses). Le squelette subit également des changements avec une décalcification osseuse, le cartilage qui s'érode et les vertèbres qui se tassent. Les muscles sont moins performants, plus relâchés et ont tendance à fondre au profit de l'accroissement de la masse graisseuse...

Tous ces changements entraînent automatiquement une augmentation de la masse graisseuse. Chez certaines personnes, cela ne va pas forcément être visible (ça ne veut pas dire que ça ne se passe pas). Mais chez d'autres, et en particulier les femmes, cela est souvent plus visible…

En fait, tout dépend de notre capital au départ : les personnes habituées à une activité physique quotidienne depuis au moins l'âge de 35-40 ans, verront leur capital moins entamé que les personnes qui n'en ont jamais fait ! Et toutes les pilules miracles de jouvence... c'est une très bonne affaire... pour ceux qui les vendent !

C'est aussi pour cela qu'il est plus difficile de réussir son régime lorsqu'on a atteint l'âge de la ménopause. Ca ne veut pas dire qu'on ne peut pas y arriver, mais il faut peut-être revoir ses objectifs un peu à la baisse et surtout accepter que cela prenne plus de temps.

Quand le désir s'en va ??? Alors qu'il était très fort, que faire quand on n'a envie de personne d'autre, et qu'on aime son conjoint, qu'il nous aime et nous désire toujours mais que nous, ça ne nous dit plus rien !!! Est-ce que l'age d'un coup peut expliquer ça chez une femme ?

Difficile de répondre à une question aussi générale. Il me semble que c'est au cas par cas. L'âge n'est pas forcément un « anti-désir ». Sachez aussi qu'on ne désire que ce qui nous manque... Quand l'autre est tout le temps présent, toujours prêt... il est difficile alors de ressentir le désir !

C'est pourquoi le désir, comme dirait la chanson, "ça s'en va et ça revient"... et c'est fait de tous petits rien ! Et parfois, ça ne revient pas du tout !!!

Pour autant, cette chute de la libido n'altère en rien la bonne entente dans le couple, un amour profond avec des valeurs partagées et une véritable sérénité. Mais il manque quelque chose tout de même car la sexualité est le puissant moteur du couple. En son absence, il y a toujours danger que le couple finisse par se fragiliser (ce n'est pas une raison pour culpabiliser...).

Il faut commencer par s'interroger sur le pourquoi de cette perte de désir. Il faudrait peut-être aller voir du côté de la communication dans le couple, des habitudes de vie (la routine est un anti-désir affolant)... La lassitude peut aussi être une explication, mais liée à la routine.

La question est de savoir en quoi l’autre n'éveille plus de désir en soi ? A moins que ce soit les relations intimes à proprement parler...

Comme toujours, c'est en identifiant la cause qu'on peut trouver le remède au problème.
Sachez aussi qu'il faut redonner à chacun sa place d'amant, faisant renaître complicité et intimité, et donc réintroduisant la sexualité dans le couple. D'où l'importance de se surprendre et de sortir du quotidien.

En outre, le désir sexuel de la femme est très lié à son environnement : prise de poids + mari qui rentre tard + belle-mère casse pieds = désir en faillite ! Plus nous avons des soucis au quotidien, plus il nous est difficile de se lâcher sexuellement. Les femmes sont des cérébrales !!! Aussi, le dialogue suffit souvent à renouer les liens et à se détendre. Encore une fois, il faut lâcher du lest, vider le sac à émotions.

Il faut aussi réinvestir son corps. Commencer par éprouver du désir pour soi afin d'éprouver du désir pour l'autre. Car si nous nous sentons désirable, il est plus facile d'accepter que l'autre nous désire, sortant ainsi de la honte et de la culpabilité. Ce qui veut dire massages, soins corporels... mais aussi les caresses à deux (sans forcément aller plus loin).

"TOUTES LES VERITES SONT ELLES BONNES A DIRE"... Je me pose vraiment la question, être honnête et dire la vérité ne m'apporte pas vraiment le bonheur...

Par principe, je pense qu'il faut dire la vérité. Il n'y a rien de pire que les non dits, les secrets et les tabous. Que ce soit pour soi, ou pour son couple, ou pour ses enfants, ou pour son entourage en général.

Toutefois, effectivement, cela peut entraîner de la souffrance car certaines vérités sont non seulement douloureuses à dire, mais aussi douloureuses à entendre. Cela dit, la vie n'est pas rose et elle nous oblige à affronter des obstacles pour mûrir, pour devenir plus responsables.

Même si cela fait mal, ce n'est rien comparer aux dégâts que cela peut générer quand elles sont tues...

L'important, ce n'est peut-être pas de les dire, mais la FACON dont elles sont dites ces vérités.

La violence de toute sorte : tant moral que physique.

La violence... Vaste sujet car elle se révèle sous diverses formes. De plus, il faut savoir que l'être humain entretient depuis toujours une relation privilégiée avec sa violence, une relation où se mêle la crainte et le respect, la fascination et le rejet.
Le terme de Violence recouvre deux réalités :

  • d'une part, la force physique, soudaine et brutale
  • d'autre part, la transgression des règles, normes, lois ou coutumes.

En tant que telle, la violence est une notion subjective : elle dépend des valeurs propres à chaque société. Par exemple, la notion de violence aux USA et en France n'est pas tout à fait la même... Tout dépend en fait du seuil de tolérance et des conventions sociales.

Mais je voudrais aller au-delà de cette notion de violence et aborder celle de l'agressivité.

On définit cette dernière, habituellement, par une tendance ou un ensemble de tendances qui s'actualisent dans les conduites réelles ou fantasmatiques, visant à nuire, détruire, contraindre, voire humilier... Il s'agit d'attaquer l'autre (ou des objets appartenant à l'autre) susceptible de faire obstacle à une satisfaction immédiate...

Cette définition est très proche de celle de la violence. A ceci près tout de même :

  • même si la violence est toujours sous-tendue par l'agressivité, l'agressivité, elle, ne saurait se convertir en violence.
  • ensuite, l'agressivité introduit une notion de durée dans le temps. Elle n'est pas une variable temporelle, mais bien une constante. Contrairement à la violence qui est, le plus souvent, passagère.

L'agressivité peut se manifester par de nombreux comportements différents :

  • des attitudes agressives (regards, mimiques...)
  • des paroles agressives, qui peuvent l'être ouvertement (menaces, insultes, critiques...) ou de façon plus sournoise (médisance, ironie, causticité...).

Les actes agressifs accompagnés de violence sont évidemment ceux qui retiennent le plus souvent l'attention en raison de leur caractère spectaculaire et potentiellement dangereux car ils vont des gestes menaçants... au meurtre.

L'alcoolisme d'un proche, qui est dans le déni : comment l'aider tout en se protégeant ? Que peut-on faire pour l'aider à prendre conscience de sa maladie ?

Les proches sont souvent démunis et pour cause... Le problème de la maladie alcoolique (car c'est bien une maladie, et elle se soigne), c'est justement la rigidification des divers mécanismes de défense, à commencer par le déni. Bien souvent, les patients arrivent dans les services de soins par contrainte : injonction de soin de la part de la justice, de l'employeur, le conjoint qui menace de partir, les enfants qui menacent de couper les ponts... voire le médecin traitant qui annonce un diagnostic sévère !

Mais du point de vue de l'alcoolique, il va très bien. Il pense boire comme tout le monde. Et vous en donne la preuve : il n'est jamais saoul ! Et c'est bien là le problème... Ils sont tellement habitués à boire qu'ils "tiennent" l'alcool. Mais la maladie est belle et bien là.

Lorsque le corps médical les confronte à leur taux de gamma GT (taux normal entre 11 et 50), ils cherchent des excuses, des portes pour fuir. Ainsi, j'ai entendu, par exemple, que le test était faussé parce qu'ils avaient fait la fête la veille... Or le taux de gamma GT n'augmente pas du jour au lendemain. Il lui faut une alcoolisation massive sur le temps ! J'ai aussi entendu que le labo avait échangé les prélèvements...

Attention cependant, un médicament peut faire monter le taux de gamma GT sans qu'il y ait alcoolisme : les traitements contre l'épilepsie. Mais ce sont les seuls à ma connaissance.

Cela dit, pour nous psychologues, ce n’est pas le plus important. Ce qui nous interroge, c’est plutôt la relation à l’objet alcool. Pourquoi la personne ne peut plus se passer de l’alcool au point de perdre tout ce qu’elle a ? Quel est le sens de l’alcoolisation ?...

Les proches sont certainement les plus mal placés pour faire prendre conscience de la maladie, à moins de rentrer dans le conflit et prendre le risque de couper les ponts. C'est pourquoi je vous invite à vous mettre en contact avec le médecin traitant de la personne malade. C'est par son biais (ou même celui de l'employeur) que vous pourrez avoir non seulement un soutien, mais aussi un levier face au déni.

Mais sachez que l'entourage est toujours victime de l'alcool, tout comme la personne dépendante. C'est pourquoi vous ne devez pas rester isolé, mais au contraire demander de l'aide auprès des professionnels (surtout quand il y a des enfants en bas âge dans l'histoire. Ce sont les premières victimes).

"L'ALCOOL CHEZ LES JEUNES"

Chez les jeunes, et de plus en plus jeunes, l'alcool est un vrai fléau. En particulier les bières coupées avec des alcools forts parce qu'elles ont le plus souvent un goût de soda et ne donnent pas l'impression d'être alcoolisées. Pourtant, le volume d'alcool est particulièrement élevé...

A l'adolescence, il faut tenir compte de l'effet de groupe, du mal être psychique et physique, et du désir de conformisme. Le groupe est la référence pour trouver son identité, puis plus tard son individualité.

Mais il faut aussi tenir compte des circonstances familiales. Surtout chez les très jeunes qui vont reproduire le plus souvent ce qui se passe chez eux (bien entendu, c'est une généralité et il y a toujours des exceptions et il faut s’attacher à l’histoire individuelle plutôt qu’aux généralités).

La plupart nous disent qu'ils boivent pour lutter contre leur timidité, être plus "cool", ça les aide à draguer. De plus, ils sont intimement convaincus que pour passer une bonne soirée et faire la fête, il faut boire ! Ils disent que sans alcool, l'ambiance est "naze".

Toutefois, ils ont conscience qu'en buvant ils sont amenés à faire n'importe quoi et peuvent éventuellement se mettre en danger. Car ils connaissent les dangers... Mais pour oublier des réalités qu'ils ont du mal à affronter, ils boivent. Ils boivent aussi pour se donner une contenance, donner une illusion, se faire illusion. Mais aussi avoir l'illusion d'être "adulte". Ce qui interroge sur la vision de la notion d'adulte chez les jeunes... Quelle image nous leur renvoyons ?

Souvent, ils pensent qu'en ne consommant que les week-end, ils sont à l'abri d'une quelconque dépendance... C'est bien évidemment un leurre car la plupart des alcoolismes chez les jeunes sont des alcoolismes dits "d'habitude", liés aux festivités.

De plus, quand on est jeune, on pense être toujours plus forts, toujours en bonne santé. Alors, l'alcool... ce n'est qu'un défit de plus face aux interdits des adultes ! (qui eux consomment...)

Comment peut on être hétéro, et avoir des pulsions homo ????

Plutôt que de « pulsions », ne devrions-nous pas parler plutôt de « fantasmes ». Si on se réfère à Carl Gustav JUNG, en chacun de nous, il y a l'anima et l'animus, c'est-à-dire une part masculine et une part féminine. Ce qui fait que nous pouvons avoir des fantasmes aussi bien hétéro qu'homo ! Mais le propre du fantasme, c'est qu'il reste une idée, une pensée... il n'est jamais réalisé. Et il n'y a là rien d'anormal.

Par contre, si on est sur le registre de la « pulsion » à proprement parlée, alors peut-être que la personne, qui a des pulsions homosexuelles, refoule-t-elle ses véritables penchants.

Là encore, la question est de savoir si ça perturbe la personne ou non.

 

Infertilité, stérilité... alors que les 40 ans approchent... Comment accepter ce qui devient une fatalité ? Comment le vivre ?

Les deux termes ont un sens tout à fait différent. L'infertilité signifie une difficulté à procréer, mais sans pour autant que ce soit définitif, et les progrès de la médecine permettent le plus souvent de résoudre le problème. Mais la stérilité signe un sens définitif.

Âge, dérèglement hormonal, poids excessif ou trop faible, alcool, tabac, maladies infectieuses, maladies gynécologiques... Ce sont les premières causes d'infertilité chez les femmes. Chez l'homme, la descente de testicule, les maladies infectieuses mais aussi le tabac et la consommation excessive de cannabis peuvent entraîner une infertilité.

Et au-delà de ces causes médicales, il y a surtout le facteur psychologique que l'on a trop souvent négligé : focaliser sur son désir d'enfant peut ralentir, voire freiner, le processus de la procréation !

Toujours est-il que pour certaines, le temps passe et toujours rien à l'horizon. Une femme peut parfaitement entendre que ce soit douloureux. Même si la mission d'une femme n'est pas la procréation, il n'en reste pas moins que pour celles qui en sont privées, c'est une véritable déchirure.

Une thérapie peut aider à vider son sac à émotions pour exprimer sa rage, sa souffrance et son incompréhension. Elle ne permet pas de faire table rase, mais d'avoir un lieu pour exprimer sans tabou et sans honte tout ce que l'on ressent. Puis, peu à peu, penser (et panser) les plaies.

Car la colère est légitime, tout autant que la souffrance. Et elles doivent s'inscrire quelque part pour ne pas en porter le poids le reste de sa vie.

C'est faire le deuil.

Il est possible aussi de contacter des associations de femmes, et d'hommes, souffrant de stérilité. Mais attention, ça peut être à double tranchant : une aide car on se sent moins seul et puis on se sent aussi compris par des personnes qui vivent la même situation. Mais aussi rajouter une couche à sa souffrance, rajouter un poids à sa colère et à sa culpabilité.

Quoi qu'il en soit, parler ne peut être que bénéfique. Mais parler pour prendre du recul et de la distance, pas pour ruminer.

 

Le cycle de la femme et ses humeurs changeantes...cycle de 28 jours mais peut-être aussi différents cycles: premières règles, maternité, allaitement, ménopause...

Les cycles de la femme sont sans doute les plus visibles, notamment avec certains changements d'humeur qui accompagnent le cycle menstruel... Mais ce n'est pas une obligation ! Et messieurs, ne nous en voulez pas, nous ne contrôlons pas l'action de nos hormones !!!

Mais au delà de ce cycle, nous sommes tous soumis à des cycles : enfants, femmes, hommes, humanité, nature... et peut-être même notre galaxie, qui sait !

Prenez la climatologie, la nature vit des cycles avec le rythme des saisons, mais aussi le rythme des ères glaciaires... Notre réchauffement planétaire, à en croire les scientifiques, aurait eu lieu, peut-être de façon moins importante et surtout moins brutale. Mais il se peut fort bien que ce fût déjà programmé...

Pour en revenir à l'Homme (être humain), dès la conception, nous vivons des cycles : ne dit-on pas le "cycle de la vie" ? Et donc du temps qui passe et de la mort...

Les cycles sont le signe des différentes étapes que nous traversons : la naissance, l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte (et son lot de responsabilités), la vieillesse, la fin de vie... Chacune de ces étapes peut-être marquée par des "sous-cycles" : pour l'enfant, ce sera par exemple l'entrée à la maternelle, puis l'école primaire, puis le secondaire... l'amenant petit à petit à devenir adulte.

Pour l'homme, il y avait autrefois les "trois jours", suivis du service militaire. Dans certaines sociétés, il existe toujours les rites de passage. Ô combien importants et qui font cruellement défaut dans nos sociétés occidentales contemporaines.

Pour les femmes, bien plus sensibles, et non "handicapées" du sentiment, ces cycles peuvent réellement se faire sentir et s'afficher.

Quel que soient les cycles, ils témoignent d'une adaptation à un changement. Cette adaptation se fait plus ou moins facilement. Mais elle a toujours une influence sur notre humeur, sur notre moral, sur notre rapport aux autres et à soi-même. Pour une maman qui fut très investie auprès de ses enfants, lorsqu'ils quittent le foyer protecteur, c'est toujours une déchirure, une blessure, une souffrance. Même si l'on sait que c'est inévitable et que c'est même préférable pour eux, cela nous renvoie le temps qui passe et notre confrontation à une autre étape de notre vie qui nous pousse encore une fois vers la sortie... Certaines le vivent très mal. D'autres vont l'affronter légèrement plus aisément.

Comment, dans ces circonstances, ne pas être sujettes à des changements d'humeur ?

Savoir évaluer si on est avec la bonne personne ?

Il faut être avant tout à l'écoute de soi, de ce que l'on ressent, de ses désirs, de ses besoins, de sa sérénité. Si la personne avec qui l'on est (au-delà du désir qui brouille l'esprit) nous apporte du réconfort, un apaisement, une réassurance, une force... alors elle est sans doute la personne qui nous faut. Sans doute que les meilleurs signes sont face aux difficultés de la vie : en effet, la façon dont va réagir la personne face aux problèmes va nous en apprendre bien plus sur elle et sur son fonctionnement que lorsque tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais pour savoir si l'on est avec la bonne personne, il faut aussi savoir ce que l'on attend précisément de cette personne...

 

Comment un "traumatisme" de l'enfance peut provoquer des ennuis de santé encore 40 ans après (alors qu'on a une vie de famille, un travail, que tout va bien mais...) ????
Comment, de parler avec un psy peut aider à "guérir" ??? Le mal fait est là et ne peut être effacé seulement en le révélant…

Les traumatismes de l'enfance ont toujours des répercussions sur nos vies adultes quand ils n'ont pas été entendus et n'ont pu trouver "réparation". J'ai rencontré des femmes en maison de retraite (plus de 80 ans en moyenne) qui étaient dignostiquées dépressives chroniques alors qu'elles portaient les traumatismes de leur enfance... Comme quoi, ça peut durer longtemps ! En fait, tant que l'on n'a pas rencontré la personne qui vous tendra la main et vous offrira son écoute bienveillante pour vider votre sac à émotions.

Et donc OUI, le fait d'en parler avec un psy peut aider à soulager le poids de notre passé. Tout simplement parce que la parole est libératrice. Le fait d'en parler à un professionnel va permettre non seulement d'évacuer, se détacher de l’évènement, mais aussi de percevoir la situation passée sous un autre angle.

Souvent, les enfants se sentent coupables de ce qui leur est arrivé. Et cette culpabilité est très persistante. Donc, en tant que thérapeute, nous travaillons sur la position de la victime et le pardon. Rien ne sera effacé. Mais une distance va s'installer, afin de ne plus être soumis à ces évènements.

 

Je n'arrive pas à me remettre dans une bonne alimentation, dès que quelque chose me tracasse, il faut que je mange, comment faire pour gérer ça ?

Le fait de manger dès que quelque chose ne va pas est le signe de souffrances plus profondes et plus anciennes qui sont réactivées en fonctions des évènements de la vie quotidienne (même les broutilles). Le vase est plein et la moindre goutte le fait déborder. Et pour éviter l’effondrement psychique, on mange. Et vous savez bien qu’on ne doit jamais parler la bouche pleine ! En effet, depuis notre enfance, on nous apprend à ne pas parler… la bouche pleine ! Or, ce qui éviterait les grignotages à la moindre difficulté, c’est justement de PARLER.


Les antidépresseurs : peut-on s'en passer ? Est-ce vraiment efficace ?

Je ne suis pas psychiatre, donc pas habilitée à prescrire des médicaments. Mais je n'hésite pas à recommander à mes patients de demander une aide chimique à leur médecin. Ils peuvent être d'un grand secours sans être pour autant miraculeux. Les antidépresseurs vont avoir une action chimique qui permet à notre cerveau de rétablir les connexions entre les neurones.

Mais il est tout aussi absurde qu'inefficace de se contenter de prendre des antidépresseurs sans faire un travail psychologique à côté. Car le plus important et le plus efficace, c'est justement ce dernier ! Je suis particulièrement surprise quand je me rends compte que certaines personnes sont sous antidépresseurs depuis des années ! D'abord, les antidépresseurs deviennent totalement inefficaces (le corps s'habitue et l'action chimique devient nulle). On les remplace souvent par des placebos et les patients n'en ressentent aucun effet...

Par contre, prescrits correctement et avec un encadrement professionnel, oui, je suis tout à fait pour.

 

Les relations vraies : l'amitié, l'Amour, je n'ai qu'un désir, être vraie. Souvent, je ne me vois qu'en mal ! Je n'arrive pas à reconnaître ce que j'ai de bon en moi et je suis perpétuellement inquiète du regard des autres ce qui influence ma vie toute entière ! Pourquoi ce terrible besoin de se dire ? De rechercher quelqu'un avec qui échanger sans que ce soit 2 monologues ? Pourquoi les amies nous oublient elles ? Etait-ce alors des amies ? Jusque-là, je le croyais ! Pourquoi la peur au fond de soi ? Pourquoi la vie était elle si dure ? Et qu'est ce que l'optimiste ? Pourquoi le poids joue-t-il tant sur le moral, en bien comme en mal ? Pourquoi ne se reconnaît-on pas dans le miroir ? Comment s'habituer à une nouvelle silhouette ? Pourquoi l'adolescence dure-t-elle de plus en plus longtemps ? Comment aider un jeune à vivre ce passage à l'heure d'aujourd'hui ? Comment réussir à tenir à nos valeurs ? A lui faire observer les règles établies depuis toujours ? Jusqu'à quel point pouvons nous accepter ses "excentricités".....

La peur face à l'optimisme... Et si l'optimisme était une façon de conjurer la peur de l'avenir ? Lisez attentivement ces citations...

Autant l'optimisme béat, c'est-à-dire inactif, est une sottise, autant l'optimisme, compagnon de l'effort, est légitime - Léon Daudet (Souvenirs).
Je me sens très optimiste quant à l'avenir du pessimisme - Jean Rostand (Carnet d'un biologiste).

Et si être optimiste, c'était se battre pour un avenir meilleur et y croire, sans pour autant minimiser les problèmes qui peuvent arriver, voire les banaliser. C'est affronter les vicissitudes de la vie avec courage et responsabilité, mais en gardant foi en soi et en son avenir. C'est peut-être ce que Léon Daudet disait avec optimisme légitime...

Pour ce qui est des ados et de leurs excentricités... il me semble que l'on essaie d'accepter leur recherche d'identité, de personnalité, dans la mesure où ils ne mettent pas en danger personne, ni eux ni les autres. La période de l'adolescence est marquée par une recherche des limites. Ils ne savent plus trop où ils en sont et c'est bien normal : d'un côté, ils perdent les repères de l'enfance où les adultes prenaient quasiment tout en charge, pour le monde des adultes où c'est le contraire. Mais ils n'appartiennent plus au monde des enfants et pour autant, ils ne peuvent encore prétendre au monde des adultes... De quoi y perdre son latin ! Et nous avec. C'est pourquoi nous devons rester fermes sur nos limites (ça ne veut pas dire rigides). Sachez aussi que nos enfants deviennent des adultes parce qu'ils peuvent se confronter et s'opposer à leurs parents pour s'individualiser. Qui a dit que le métier de parents était facile ?

Comment les aider à traverser cette épreuve ? En essayant de leur laisser le champ libre pour qu'ils fassent leurs expériences, tout en restant en « filet de protection » en cas de chute. Et je vous l'accorde, c'est plus facile à dire qu'à faire... Mais sachez que nos enfants (comme nous mêmes) doivent faire l'expérience des échecs pour apprendre et grandir. La seule chose que nous puissions espérer, c'est qu'ils ne se fassent pas trop mal en tombant.

 

Le courage, limite inconscient (physique et moral).

Le courage... Encore une question difficile qui mériterait un plus important développement...

On assimile le plus souvent le courage à la capacité d'oser prendre des risques, voire ne pas reconnaître la peur (ce qui peut être dangereux).

Mais paradoxalement, être courageux (et encore une fois, ce n'est que mon avis), ça ne veut pas dire être inconscient. C'est au contraire être capable de connaître ses peurs et d'apprendre à les dépasser. C'est reconnaître le danger et être en mesure de l'évaluer par rapport à ses limites.

Lorsque nous sommes au-delà de nos limites, et où il n'est plus question d'affronter ses peurs...

  1. Nous nous lançons tout de même, au péril de notre vie : de l'inconscience à l'état pur et sans intérêt finalement.
  2. Nous nous arrêtons et passons éventuellement le relais à quelqu'un de plus qualifié. Là, à mon avis, on est sur du courage.

Dans le premier cas, non seulement on peut se mettre en danger soi, mais on peut aussi y entraîner d'autres personnes.

Mais il y a plusieurs types de courage en fonction des circonstances :

  • Le courage de ses idées. Défendre ses points de vue alors que la majorité se plie... En cela, les opposants au régime nazi ont fait preuve de courage.
  • Le courage d'action : sur le même exemple, les résistants de la 2nde guerre mondiale ont fait preuve d'un grand courage. Mais n'était-il pas teinté parfois d'inconscience ? Si je me permets de poser la question, c'est pour en avoir longuement discuté avec d’anciens résistants qui, à l'époque, faisaient passer en zone libre les juifs et toutes personnes traquées par les SS. Leurs actes de résistances, ils n'en parlaient pas en terme de courage, mais en terme de devoir face à une abomination humaine. Ils considéraient qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de prendre des risques (et ils en faisaient prendre à toute leur famille) pour essayer de contrer à leur manière la folie d'une dictature.
  • ...

Mais le courage, c'est aussi oser s'en remettre aux autres : apprendre à faire confiance. C'est prendre des initiatives dans l'urgence, sans avoir pour autant toutes les informations. C'est repousser ses limites personnelles pour plus de performance, pour plus d'efficacité.

Enfin, il est tout à fait normal, voire salutaire, de ressentir l'angoisse, la peur, les appréhensions. Nous devons justement les écouter. Être à l'écoute de notre ressenti corporel. Mais plutôt que de prendre les jambes à notre cou, c'est de garder la tête froide pour évaluer la situation et essayer de trouver rapidement une solution ou une issue. Soit on a les moyens d'affronter la situation et on part au "combat". Soit les dés sont bipés et le courage c'est alors de remettre à plus tard, au moment où on sera le mieux préparer. C'est savoir reconnaître et affronter ses limites.

Et bien ce qui m'intéresserait, c de connaître l'influence d'une rupture sur la psychologie et les comportements alimentaires ; et de même connaître l'influence de sentiments refoulés là dessus…

Toute rupture entraîne une phase de dépression, inhérente au travail de deuil. A ce propos, le travail de deuil, ce n'est pas oublier, mais apprendre à vivre avec l'absence. C'est accepter la disparition de l'autre. Quand ce travail de deuil ne se fait pas, cela entraîne un sentiment de vide, de solitude, de manque. Et parfois, on peut combler ce vide par un apport trop important de nourriture.

En ce qui concerne les sentiments refoulés, tous les sentiments et toutes les souffrances que l'on tente de refouler, reviennent s'exprimer à travers le corps. Ce que nous ne pouvons mettre en mots, nous le mettons en maux... C'est pourquoi, au niveau des thérapies, nous encourageons la parole sous toutes ses formes (verbale, mais aussi écrite, jouée, simulée...). Le but est de remettre des mots sur les maux, du sens sur du non sens. C'est ce que j'appelle aussi "vider son sac à émotions", percer l'abcès de nos souffrances psychiques afin d'éliminer le mal être. Même si on n'élimine jamais vraiment. Mais on apprend à vivre avec et à le mettre à distance.

Comment se fait-il que pour une question poser à une psychologue et un psychiatre on a pas du tout les mêmes réponses... et pire encore dans des pays différents alors la ce n est pas du tout les même façons de faire ni les mêmes réponses ????? MERCI

Psychologue et psychiatre n’ont pas la même formation. Et nous ne travaillons pas sur les mêmes données : le psychiatre est avant tout un médecin, avec ses médicaments et ses ordonnances, s'attachant à la pathologie. Le psychologue s'intéresse de près à la vie affective et émotionnelle, à la parole, au vécu, aux sentiments et aux ressenties.

Ensuite, nous sommes des êtres humains ! Avec nos expériences, nos propres émotions, nos propres ressentis... Les sciences de l’homme ne sont pas des sciences exactes et ne peuvent être totalement objectives. Il y a toujours une part de subjectivité.

Ce qui veut dire que nous travaillons avec ce que nous sommes, avec nos « tripes » ! Ce qui veut encore dire aussi qu'un psychologue qui vous est recommandé par une amie par exemple parce qu'elle le trouve « génial » (pour elle), ne le sera pas forcément pour vous.
La rencontre avec un « psy » est avant tout une rencontre entre deux individus, deux inconscients également. Nous travaillons certes avec des bases théoriques communes. Mais l'être humain ne rentre jamais dans une case (heureusement) et donc nous formulons des hypothèses à partir de ce que nous percevons de la personne.

Encore une fois, la psychologie n'est pas une science exacte parce qu'elle est une science de l'homme !

Entre en jeu également les formations annexes des uns et des autres. Demandez à un neuropsychologue de prendre en charge des troubles du comportement alimentaire, et il cherchera automatiquement du côté des synapses et des neurones ce qui dysfonctionne. Par contre, si vous avez à faire à un thérapeute familial, il va vous faire l'arbre généalogique pour essayer de voir quelles sont les répétitions familiales, les secrets familiaux, la place de chacun... Si c'est un thérapeute analytique, il s'attachera du côté de vos actes manqués, vos rêves, vos lapsus… votre inconscient !

Autant de formations, autant de psy, autant de façons de faire différentes.
Donc, à chacun son psy !

L'essentiel, c'est de trouver la personne avec qui le courant passe (et dans les deux sens. Il m'est déjà arrivé de conseiller à une personne de consulter un confrère car je ne me sentais pas la plus à même de lui venir en aide et de faire du bon travail avec elle. Question d'éthique). Il ne faut pas se censurer et pouvoir exprimer tout ce qui passe par la tête, y compris, et surtout, ce que l'on juge répréhensible ou noir par rapport à sa morale.

 

Sylviane LIBERGE

Psychologue clinicienne – Formatrice

Consultante - Conférencière

 

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