Adolescent

L'incivilité... dans tous ses états

L'incivilité est un comportement qui ne respecte pas une partie ou l'ensemble des règles de vie en communauté telles que le respect d'autrui, la politesse ou la courtoisie.

Quelles sont-elles ?

Entre élèves :

  • Des propos injurieux sans forcément la volonté de blesser
  • Des gestes obscènes
  • La propagation de fausses rumeurs
  • Couper la parole pour rabaisser (parfois humilier)
  • Bagarre entre deux élèves ou deux groupes, liée à une querelle passagère (jalousie, compétition...). "Crêpage de chignons"
  • Bousculade dans les couloirs, les escaliers (ce sont plus des jeux violents que des violences délibérées).

De l'élève à l'adulte :

  • Moqueries sournoises
  • Insultes dans le dos de l'adulte, c'est-à-dire non proférées directement
  • Réactions d'énervement après une sanction, un devoir raté, une réprimande
  • Bousculade d'un adulte par inattention
  • Esquisse d'un geste de violence sous l'effet de la colère

De l'adulte à l'élève :

  • Des propos pouvant être insultants ou humiliants pour l'élève - et pouvant entraîner des réactions violentes : quand il y a confusion entre le travail, le comportement et la personne. Par exemple : "Tu es nul" au lieu de "Ton devoir est raté". Ou encore "Tu es un crétin" au lieu de "Tu te comportes comme un crétin".
  • Humiliations, brimades, prises à parti devant d'autres élèves ou des enseignants (comme en conseil de classe)
  • Gestes réflexes types : tape sur la tête, oreilles ou cheveux tirés, en réponse à un refus d'obéissance ou à un acte répréhensible de l'élève.

Ces incivilités prennent souvent naissance dans le cercle proche : la famille, les amis, le groupe de pairs... Elles peuvent n'étre que passagères (et c'est souvent le cas), signant la volonté de l'adolescent de se démarquer, de construire et affirmer son identité. Mais elles peuvent aussi être annonciatrices d'un mal être sournois, laissant filtrer la tempête émotionnelle qui se joue sur le plan psychique. Alors, ces incivilités peuvent entraîner des dérives plus importantes, jusqu'à conduire au harcèlement.

 Sylviane BARTHE LIBERGE

Le harcèlement

Qu'est-ce que le harcèlement scolaire ?

Le harcèlement est une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre. Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement.

Le harcèlement scolaire dépend de 3 conditions :

La violence : c’est-à-dire un rapport de force et de domination entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes.

La répétitivité : il s’agit d’agressions qui se répètent régulièrement durant une longue période (au moins plusieurs semaines).

L’isolement de la victime : la victime est souvent isolée, plus petite, faible physiquement et/ou psychologiquement, et dans l’incapacité de se défendre.

Le harcèlement se fonde sur le rejet de la différence et sur la stigmatisation de certaines caractéristiques, telles que :

  • L’apparence physique (poids, taille, couleur ou type de cheveux, comme les roux)
  • Le sexe, l’identité de genre (garçon jugé trop efféminé, fille jugée trop masculine, sexisme), orientation sexuelle ou supposée
  • Un handicap (physique, psychique ou mental)
  • Un trouble de la communication qui affecte la parole (bégaiement/bredouillement, timidité, rougissement)
  • L’appartenance à un groupe social ou culturel particulier
  • Des centres d’intérêts différents

Le harcèlement revêt des aspects différents en fonction de l’âge et du sexe. Les risques de harcèlement sont plus grands en fin d’école primaire et au collège. Si le harcèlement touche des élèves en particulier, il s’inscrit dans un contexte plus large qu’il est indispensable de prendre en compte.

 

Que faire en cas de harcèlement ?

Dans tous les cas, il est important de parler, de sortir de l'isolement. Souvent, une discussion permet de rétablir la situation et d'arrêter le harcèlement. Il est fréquent que le(s) harceleur(s) n'ait(ent) pas conscience de ses actes. Il ne faut pas avoir peur des représailles et encore moins avoir honte. En parler, c'est déjà partager son fardeau, sa souffrance. L'adolescent peut se confier à un adulte de son établissement scolaire, mais aussi à ses parents, d'autres adultes en qui il a confiance, ses frères et soeurs... Il est primordial de ne pas laisser la situation d'installer et se cristalliser.

 

Se protéger, notamment sur internet. Car le harcèlement se poursuit sur les réseaux sociaux, les jeux où il est possible de discuter en ligne... C'est pourquoi les ado doivent être informés des danger d'internet et qu'ils ne mettent rien qui puissent renseigner sur leur vie au sens large. Il est important de réfléchir avant de poster une photo. Car tout ce qui est mis sur le net, reste à vie. Y compris avec Snapchat car, bien que les photos aient une vie limitée sur ce réseau, rien n'empêche à celui qui la voit de faire une capture d'écran et de la diffuser à son tour... De même, il ne faut jamais donner ses mots de passe (à part ses parents ;))

 

Sur les réseaux sociaux, les ados ne doivent pas hésiter à signaler des abus lorsque le contenus leur paraît abusif et bloquer toute personne nuisible.

 

Téléphoner au centre d'écoute de lutte contre le harcèlement : Stop Harcèlement 08.08.80.70.10 (numéro gratuit)

 

Parfois, la situation est tellement dégradée, tellement grave, qu'il faut porter plainte par le biais des parents (qui sont les représentants légaux).

 

Mais si vous êtes témoin de harcèlement, vous devez aussi réagir :

Observer, repérer et soutenir un élève victime de harcèlement. Très souvent, c'est un adolescent qui est seul, mis à l'écart (dans la cours, à la cantine...). Il est important de ne pas participer à cet isolement et au contraire aider cet ado à sortir de l'isolement en allant lui tendre la main.

 

Ne pas rire aux provocations et aux moqueries (du harceleur, ou de toute personne moqueuse). Sans public, le harceleur perd de son emprise sur sa proie.

 

En parler à des adultes, témoigner de ce que chacun peut constater, alerter d'une situation.

 

Ne pas participer : en transférant un message reçu. Se demander comment vous aimeriez que les autres réagissent s'ils recevaient quelque chose de gênant vous concernant. En clair, ne pas faire aux autres ce que vous n'aimeriez pas que l'on vous fasse ! Il est souvent préférable de supprimer le message et ainsi briser la chaîne du harcèlement.

 

Tenter de convaincre le harceleur de cesser son harcèlement, s'il fait parti du groupe d'ami. Il n'a peut-être pas conscience de l'impact de son comportement. Il est peut-être lui-même en difficulté et exprime ainsi son mal être...

 

 

 Sylviane BARTHE LIBERGE

Votre ado est fâché avec le savon et l'eau...

Combien de parents, surtout les mères, se plaignent à un moment donné de la vie de leur enfant, et surtout de leur fils, d'un laisser aller sur le plan de l'hygiène ?

En fait, cette période "ado crado" est une période tout à fait normale et qui appartient au développement psychique de votre enfant. Cette attitude est le reflet de son mal être, de son malaise et de ses doutes face à son propre corps en plein changements.

Rappelez-vous que l'adolescence est une période charnière au cours de laquelle votre enfant doit faire face à de grands bouleversements. successifs et rapides. Les garçons semblent plus sensibles à ces perturbations, du moins moins enclins à s'adapter à ces changements : hormones qui s'activent, entraînant de nouvelles odeurs (fort présentes), de nouvelles humeurs (l'ours sort de sa caverne), des poils hirsutes, des désirs envahissants...

Cela va tellement vite que ce corps devient un étranger pour l'adolescent lui-même ! C'est peut-être pour cela qu'il a besoin d'en modifier le moins possible les éléments qu'il peut maîtriser (comme la propreté), histoire d'apprendre à se connaître. A moins qu'il ne mesure pas les nouveaux "paramètres" de ce corps en pleine maturation... Quoi qu'il en soit, l'adolescent doit apprendre à apprivoiser ce nouveau corps, à l'incarner, afin de s'approprier cette nouvelle image qui est la sienne.

Et puis, être "crado", n'est-ce pas une bonne manière de tenir à distance ses parents ? Surtout maman. Oui, maman ! Celle qui, depuis la naissance, a la responsabilité des soins corporels. C'est une manière de couper le cordon ombilical et de s'affranchir de ce lien fusionnel à Maman. En ce comportant ainsi, l'adolescent signale à sa mère que ce corps lui appartient et qu'elle doit désormais se tenir à distance.

Ce qui renvoie à une autre période de vie de l'adolescent : la petite enfance, de 0 à 3 ans, période du pipi-caca où il fallait gérer la propreté. Ce qui explique aussi la tendance au retour "scato" à l'adolescence.

Cela dit, rassurez-vous : si votre adolescent se comporte ainsi, c'est qu'il va bien sur le plan affectif et émotif (ce serait finalement plus inquiétant s'il penchait sur le versan contraire en développant des T.O.C., car cela indiquerait un déni du corps assez inquiétant). Et plus vous lâcherez prise, plus cette période sera de courte durée !

Et enfin, dites-vous aussi que votre fils cessera sa tendance "crado" le jour où il tombera sous le charme d'une princesse qu'il désirera séduire. Ce jour là, vous ne serez plus chez vous dans votre salle de bain !

 

 

A NE PAS FAIRE

  1. Ne le poussez pas de force dans la salle de bain. Le conflit ne pourrait alors que se durcir. Déjà vous ne l'encourageriez pas à s'approprier son corps, mais en plus vous le maintiendrez dans l'enfance qu'il cherche à quitter. En le forçant, il cèdera à la pression parentale (en bougonnant... dans le meilleur des cas). Mais sans conviction. Avec pour conséquence que la période "crado" sera encore plus longue... Donc totalement contre productif.
  2. Les expéditions rangement dans sa chambre. Outre le fait que vous violeriez ainsi son intimité, vous l'empêcheriez d'accéder à la responsabilité. Tant pis pour lui s'il se retrouve sans plus aucun vêtement propre à se mettre sur le dos. Mais pas question que vous vous mettiez à faire des lessives alors que ce n'était pas prévu. Il attendra. Ou alors il se prend par la main et se fait ses lessives lui-même.

 

CONSEILS

  1. Ne pas s'énerver, rester zen et être patient. Dans le cas contraire, vous perdriez votre autorité et votre crédibilité.
  2. Réagir par de l'humour. Comme il cherche à se démarquer des adultes propres sur eux, il faut marquer le coup avec finesse. L'humour vous permettra d'affirmer votre autorité tout en évitant d'être blessant ou désagréable (et ainsi d'aller au conflit). Par exemple, face à ses ongles noirs, vous pouvez lui dire "Tiens, tu avais un concours de mécanique aujourd'hui ?", ou encore "Sympa cette nouvelle mode Gothique", ou bien "Je croyais que Halloween c'était seulement le 31 octobre !?!"
  3. Lui laisser le choix de ses produits d'hygiène qu'il pourrait acheter en compagnie de Papa (ou autre figure paternelle). En tant que mère, vous vous êtes toujours chargée des soins d'hygiène depuis la naissance. En continuant à le faire, alors que votre fils est adolescent, vous le ramener en arrière, vers l'enfance. Alors que déléguer cette tâche au père permettra à votre fils de se projeter dans l'avenir. Il peut ainsi plus facilement s'émanciper. Et pourquoi l'hygiène ne deviendrait-elle pas une affaire d'hommes ?
  4. Lui laisser le choix de l'heure de la douche. Dès l'entrée au collège (ou les horaires sont flexibles), donnez-lui la permission de choisir le moment de sa douche. Seule condition : qu'il en prenne une par jour.
  5. Tout est une question de négociation, dans certaines limites. D'accord, il ne veut plus se laver les cheveux tous les jours. Par contre, vous exigez qu'il le fasse après chaque séance de sport. De même, il s'engage à changer de vêtements tous les deux jours (mais les sous-vêtements tous les jours, non négociable) et à mettre le linge sale dans le panier réservé à cet usage. Plus question de laisser cela traîner sous le lit ou ailleurs.
  6. Pratiquez le renforcement positif. Sans pour autant en faire des tonnes... Mais encore avec de l'humour, remerciez-le après une douche complète, de contribuer par exemple à entretenir un air sain et agréable dans la maison !
  7. Revenir sur les principes d'hygiène de base. Surtout pas sur le mode moralisateur, mais plus sur un ton pragmatique, voire scientifique. Il doit entendre qu'on ne se lave pas pour faire plaisir aux parents, mais pour éliminer microbes, toxines, pollution et autres qui se déposent sur nous chaque jour. Parlez-lui des champignons qui se développent entre les orteils... ou des démangeaisons dues aux puces, aux acariens... ou l'haleine qui fait tomber les mouches (et fait fuir les filles)... ou enfin que le lavage des mains avant le repas n'est pas seulement une question d'éducation, mais que cela évite surtout des désordres gastriques forts incommodants...

Sylviane BARTHE LIBERGE

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Commentaires

14.12 | 16:54

MANUREVA, je recherche un psychologue spécialisé dans les victimes de PN dans la région des landes, du côté de Dax.

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31.07 | 09:15

Bonjour
Je suis allée sur Nantes à une association. J’ai rencontré des gens dans le même cas que moi. L’expérience des autres m’aide à mieux gérer ma situation.

...
29.07 | 15:22

Bonjour nadia je suis ds le même cas que vs. J habite à côté de cholet. Avez vous trouvé un spécialiste pour vs aider car moi aussi je recherche de l aide.

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29.07 | 15:18

Bonjour nadia, je suis ds le même cas que vs. J habite à côté de cholet. Avez vous trouvé un spécialiste car je suis moi même à la recherche de qqun pr m aider.

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